Une infraction pénale intentionnelle, séparable des fonctions, peut engager personnellement le gérant d’une SARL envers le tiers lésé.

1. Actualité juridique récente
La chambre commerciale juge qu’un gérant auquel est imputée une contrefaçon de marque doit voir ses actes examinés par le juge civil : si le délit intentionnel est constitué, la faute est séparable de ses fonctions et sa responsabilité personnelle peut être retenue.
Cette décision, rendue le 7 octobre 2026 et publiée au Bulletin, mérite une lecture attentive parce qu’elle transforme une difficulté apparemment technique en règle directement mobilisable dans les litiges. Son intérêt dépasse les parties : elle fixe un repère pour les praticiens et les étudiants.
2. Résumé simple
Le dirigeant n’est pas automatiquement à l’abri derrière la société lorsqu’il commet personnellement une infraction intentionnelle.
La solution ne remplace pas l’examen des faits. Elle indique toutefois la bonne question : quel est le mécanisme juridique exact, quelles conditions doivent être établies et quelle conséquence en résulte ?
3. Pourquoi c’est important pour le cours
Droit des sociétés, responsabilité civile du dirigeant et propriété intellectuelle se rencontrent ici.
Elle rappelle qu’une copie solide commence toujours par la qualification. Nommer intuitivement un problème ne suffit pas : il faut rattacher la situation au régime juridique pertinent, puis dérouler les conditions de ce régime.
4. QQOQCP de l’actualité
- Qui ? le gérant, la SARL et le titulaire de la marque
- Quoi ? la responsabilité personnelle du dirigeant pour contrefaçon
- Où ? devant les juridictions de l’ordre judiciaire.
- Quand ? arrêt du 7 octobre 2026.
- Comment ? par une interprétation des textes applicables.
- Pourquoi ? pour sécuriser la solution du litige.
5. Explication technique
La personnalité morale protège en principe le dirigeant pour les actes accomplis au nom de la société. Cette protection cède devant une faute intentionnelle d’une particulière gravité, séparable des fonctions. La Cour exige néanmoins que le juge caractérise réellement le délit invoqué.
La portée de l’arrêt réside dans le lien entre la règle de fond et son effet concret. Le juge ne raisonne pas par équité abstraite : il vérifie les conditions légales, identifie la personne tenue ou protégée et déduit la conséquence utile. Cette séquence doit être reproduite dans tout commentaire ou cas pratique.
Effet pratique. Les parties ont intérêt à conserver les éléments permettant d’établir chaque condition du régime. Le contentieux se gagne souvent sur cette étape probatoire, avant même la discussion sur l’évaluation du préjudice ou le montant d’une créance.
6. Lien avec une copie d’étudiant
Distinguez la responsabilité de la société de la responsabilité personnelle du gérant, puis contrôlez l’élément intentionnel.
Évitez de réciter la décision. Présentez d’abord la règle générale, expliquez sa finalité, puis confrontez les faits au critère dégagé par la Cour. Une référence jurisprudentielle n’a de valeur qu’intégrée à un raisonnement.
7. Cas pratique corrigé
Problème de droit. Un gérant peut-il être condamné personnellement à réparer une contrefaçon commise dans l’exercice de ses fonctions ?
Majeure. Le gérant répond envers les tiers lorsqu’il commet une faute intentionnelle constituant une infraction pénale et séparable de ses fonctions.
Mineure. Dans la situation proposée, les faits doivent être vérifiés à la lumière de chacune de ces conditions, sans présumer que la seule apparence de la situation suffit.
Conclusion. Oui, si les éléments de la contrefaçon intentionnelle sont caractérisés.
8. À retenir pour réviser
- La personnalité morale n’efface pas la faute pénale intentionnelle du dirigeant.
- Qualifier les faits avant de citer la règle.
- Distinguer les conditions du droit invoqué de ses conséquences pratiques.
- La preuve est souvent le point de bascule du litige.
9. FAQ visible
Quelle idée retenir de cette décision ?
La Cour impose de caractériser le délit avant de retenir la faute séparable.
Comment l’utiliser en examen ?
Présentez la règle, vérifiez ses conditions et concluez seulement après l’application aux faits.
La discussion commence ici.